Pour saluer le printemps

dimanche 22 mars 18h : JAZZ à 4

 

Line up :

    Daniel Cohen (saxophone ténor) @daniel_cohen_music
    Stefan Sirbu (piano) @stefan_sirbu_music
    Davide Le Léap (contrebasse) @davide.leleap
    Louis Cahen (batterie) @louiscahen

 

Daniel Cohen @daniel_cohen_music compte parmi les voix de saxophone les plus marquantes de sa génération. A l’âge de 20 ans ils s’installe à New York pour étudier à la prestigieuse Juilliard School, où il a obtenu son bachelor en 2025. Cohen a développé un son chaleureux et lyrique, capable de naviguer avec aisance entre le jazz traditionnel et le jazz moderne. Il a collaboré avec des musiciens de renom tels que Kenny Washington, Ted Nash et Benny Benack III, et est actif sur la scène jazz internationale de New York et au-delà. Il s’est déjà produit notamment au Carnegie Hall, au Konzerthaus de Berlin, à la Rose Hall du Lincoln Center, au Dizzy’s Club ainsi que dans des clubs new-yorkais comme Smalls. Cohen séduit par un mélange de précision technique, de sens narratif et de profondeur émotionnelle.
Stefan Sirbu @stefan_sirbu_music est un pianiste et compositeur actif depuis de nombreuses années dans la région frontalière franco-allemande. Après la parution de deux albums sous son propre nom — Autumn Whispers (2021) et Reverie (2025) — et des tournées aux côtés de grandes figures du jazz telles que Don Braden et Lawrence Clark, il présentera au Caveau du Petit Tigre un programme mêlant standards de jazz et compositions personnelles, qui sera enregistré en studio avec Cohen au cours de l’année.

 

intendance, déroulement et inscription :

16h promenade  19h30 auberge espagnole

En cette année précoce pour le moment, c’est le printemps nous rattrape… Pour ceux qui le souhaitent et si la météo est printanière, nous pouvons organiser une petite sortie dans les vignes entre 16h et 18h.  A la rencontre des premières fleurs, haies, tulipes sauvages, gagée, violettes etc… Vous pouvez préciser votre intention dans le formulaire ci-dessous. Un mail de confirmation de la sortie pédestre vous parviendra quelques jours avant le concert, en fonction des prévisions météo.

Également, après le concert et pour ceux qui le souhaitent, nous reprenons la formule de l’auberge espagnole pour partager le dîner avec les musiciens. Vous apportez un plat salé. Nous nous occupons du dessert et des boissons.

à vous de jouer :

    Vous prévoyez de
    Arriver pour 16h et participer à la baladeVenir pour 18h début du concert

    Rester pour le dîner partagé avec les artistes et apporter un plat saléNe pas rester pour le dîner

     

     

     

    Printemps, été, automne 2025 : continuités et cohérences

    A la différence de 2024, principalement pluvieux, le millésime 2025 a été particulièrement contrasté pour les vignes et les vignerons.

    Côté vignes, entre 2 périodes sèches et chaudes, deux épisodes pluvieux, nos sols vivants ont leur ont permis d’accomplir les 2 temps de leur cycle, de croissance végétative et de maturation des raisin. Pression quasi nulle du côté des maladies cryptogamiques : des parcelles non traitées s’en sont tirées sans trop de différences avec celles qui ont été assistées avec un peu de cuivre, de soufre ou de bicarbonate.

     

    Côté vignerons, après une année 2024 au rendement exceptionnellement bas (5 hl/ha en moyenne), 2025 renoue avec des rendements et des qualités connues. Les fermentations spontanées sont en cours et se déroulent plutôt harmonieusement. Les vendanges « entre les gouttes » sont un peu plus chahutées. Les non-rognages et non-effeuillages, ni gavages par travail du sol, fauchages ou autre technique perturbatrice du milieu et de la physiologie de la vigne, ont abouti à des arrêt végétatifs spontanés, dès la fin août. Restait à cueillir les raisins à maturité, pépins bruns et libres, peaux prêtes à s’ouvrir. Les vignes les plus âgées, celles dont les implantations atteignent un point d’équilibre, n’ont pas posé de difficultés de tri. Reste dans notre approche le travail de préparation des parcelles, pour accéder aux raisins, avec une équipe de vendangeurs certes motivée et courageuse.

     

    Quelles sont les leçons à retenir des ces 2 années qui ne se ressemblent guère ?

     

     

    Lorsque, comme en 2024, la vigne n’est pas en mesure de mûrir et protéger l’intégralité de ses fruits, lorsqu’elle est contrainte d’abandonner une partie de ses baies aux champignons qui ont la partie belle, le rendement très faible correspond néanmoins à ce qu’elle a pu féconder, quitte à n’obtenir que quelques pépins aptes à germer par grappe entourés d’un jus rétributif sain et concentré. L’équilibre des rares vins obtenus reste celui de du raisin mûr de l’année. Au vigneron de s’adapter économiquement, notamment en puisant dans les stocks des années antérieures. Aux clients d’accepter une gamme plus réduite, des vins un peu plus maliques mais salins, sans un peu moins stables qu’à l’accoutumée. L’humain « com-patit » avec le non-humain.

     

    2025 reste à écouter et découvrir. Le temps long reste de mise pour les 2 parties : nous nous attendions à une récolte plus forte dans nos vignes, suite à une année 2024 dont les pluies ont permis de faire des réserves dans nos sols et dans les sarments. La sécheresse printanière a largement limité la pression tant des champignons que des insectes. 5-7 ans représentent une échelle de temps plus adaptée à notre activité certes annuelle mais sujettes à des variations brutales et fortes.

             

    Au final, nos vins vivants nous naissent en cohérence et en continuité avec nos paysages, leurs habitants, leurs capacités d’adaptation, les possibilités de nos vignes d’accomplir leurs fructifications et maturations. L’humain, des 2 côté du verre, est également un vivant, dont les sens sont stimulés par  nos vins : ouïe, odorat, vue, toucher de bouche, saveurs … à décoder par nos cerveaux à la fois formatés par des goûts appauvris par les nombreuses techniques agronomiques et œnologiques encore couramment utilisées mais encore toujours en mesure de d’écoute et de décoder, salivations à l’appui, des molécules et équilibres du vivant façonnés par des vignes libres .

     

     

    Le sens du mot vin s’entend d’un fruit, d’un aliment, fondations sans lesquelles il nous semble difficile de parler d’une boisson humaine. Le nexus biodiversité-climat- eau-alimentation-santé, a plus que jamais vocation à nous questionner dans nos choix et nos pratiques. La piste que nous expérimentons est faite de pédagogie, de rencontres et de partages. Merci à vous tous pour vos nombreuses et enrichissantes contributions : visites, échanges, témoignages, partage de nos vins.

    Brachypode des bois : le retour vers la forêt

    BRACHYPODIUM sylvaticum

    Commun.

    • Mode de vie : vivace.
    • Période de floraison : Juin-Juillet-Août.
    • Habitat : Lisières des bois frais, haies.
    • Taille : 60 à 90 cm

    Qui ne connaît pas cette graminée souvent rencontrée en forêt, au détour d’une clairière ?

    La luminosité qu’elle renvoie permet de l’identifier facilement, comme si un rayon de soleil traversait la canopée et éclairait ce petit écrin de verdure jaune/vert.

    Une bio-indicatrice qui nous dit que nos vignes (et leurs racines) retrouvent un milieu connu

    La lente évolution de l’environnement et des sols de nos vignes la fait prospérer depuis plusieurs années dans plusieurs des 6 terroirs que nous distinguons à Wolxheim. C’est une écologue (merci Florie !) qui avait attiré mon attention sur cette plante de l’ourlet alors que nous taillions ensemble une parcelle d’auxerrois.

    Avec la gesse aphylle, le lierre terrestre et les poireaux sauvages … , elle fait partie des plantes bio-indicatrices de nos terroirs que nous aimons voir se développer.

    Cette plante vivace nous donne tout particulièrement une bonne nouvelle : nos vignes retrouvent progressivement un environnement qui leur convient, celui où elles ont prospéré, d’où l’humain les a tirées et sélectionnées pour leur aptitude à produire des raisins chargés d’antioxydants divers et variés, que la fermentation a pour vocation de conserver dans la boisson vin. C’est dans ce contexte également qu’elles sont en mesure des dérouler leurs résistances potentielles. Retour aux sources donc plutôt qu’extrémisme.

    Depuis pas mal d’années, nos collègues reconnaissent que nos vignes restent plus vertes lorsqu’il fait sec, que nos raisins mûrissent alors que les vignes en stress oxydatifs divers ont du mal à effectuer leur arrêt végétatif. NB : ce ne sont évidemment pas uniquement les terroirs de Wolxheim qui permettent favorisent ces évolutions. Il en va de même pour des vignerons d’autres régions de France, d’Italie ou du Portugal, qui pratiquent des sols vivants associant des végétations spontanées à des pratiques agronomiques peu oxydantes, peu destructrices de leurs mécanismes lents et complexes. Les plantes et mécanismes qui y prospèrent spontanément sont bien sûr ceux propres au climat plus méditerranéen : garrigue, maquis, bush,…

    2021 a été une année particulièrement intéressante pour l’observation des vignes entourées de brachypodes : l’année particulièrement humide a permis à l’oïdium de prospérer, notamment pour les cépages auxerrois, sylvaner et chardonnay, dans les milieux les plus exposés (plateau de l’Obertal pour nous). Les quelques grappes non atteintes par ce champignon, certes aux baies plus petites mais totalement saines se cueillaient au milieu des brachypodes…

    Des sols vivants mais pas n’importe lesquels lorsqu’il s’agit de rendre compte de terroirs

    Le grand avantage du vin est qu’il est censé rendre compte du lien à son terroir d’origine. Il n’impose donc aucune norme de biodiversité spécifique, hormis celle susceptible de s’y installer et de se développer au fil des millésimes. Il n’y a encore moins aucune légitimité à vouloir imposer un rendement à un terroir, si ce n’est celui que la vigne est capable d’y nourrir et mûrir, tout en protégeant elle-même ses fruits des agressions et aléas climatiques. Il n’y a que la prétention ou l’impatience humaine pour conduire à introduire artificiellement des plantes ou des micro-organismes là où ils ne prospèrent pas eux-mêmes ou suffisamment vite… exit donc le “lien au tracteur”, “l’équilibre ou l’accord parfait”, l’élevage (le vieillissement) qui porte le vin à son apogée, …

    Cette quête du vin au plus près des vivants, que nous partageons avec nos collègues de l’AVLA (Association des Vins Libres d’Alsace) nous a permis de croiser nos expériences et d’accueillir en juillet 2022 des collègues d’autres vignobles français, à l’initiative d’Agrofîle, une structure qui fédère les expériences agro-environnementales en Ile de France, au plus près des zones urbaines. Des vidéos sont en ligne, qui rendent compte de différentes approches en cours en Alsace. Vous y retrouverez celles qui témoignent de notre volonté de transmettre et de contribuer à la conciliation d’une activité humaine traditionnelle avec les enjeux d’aujourd’hui.

    Des pratiques plus que des mots ; des expérimentations plutôt que des labels ou des sparadraps plus verts ou techno…

    A l’heure des mots et des concepts à la mode tels que vitiforesterie, permaculture, (HVE est hors concours puisqu’il détient le pompon du green washing subventionné), c’est l’occasion pour moi de rappeler qu’avant de planter des arbres dans les vignes, il faudrait qu’un arbre puisse y vivre, autrement dit que le sol doit être en voie de se rapprocher de celui de la forêt : fini le travail du sol, le compost ou l’engrais vert qui va bien et qui sera broyé/incorporé en pleine floraison pour donner un effet flash à une vigne qui n’en demande pas tant, ou encore l’introduction de mycorhizes cherchés dans une forêt voisine… Certes c’est toujours mieux que de planter des vignes résistantes à la sécheresse dans des parcelles mortes (comment résister dans un milieu mort ?) ou évidemment que d’installer des gouttes à gouttes comme certains le souhaitent déjà en Alsace.

    Dans notre cas ce sont bien 10 à 15 ans de non intervention qui ont permis aux brachypodes de s’installer spontanément. Comme d’autres plantes, elles progressent par tache, pour leur part grâce à leurs rhizomes traçants, alors que les fraisiers sauvages se déploient par leurs stolons, les fabacées par leur gousses qui éclatent et projettent leurs graines, les tulipes et poireaux sauvages par leurs bulbilles….Les mécanismes sont multiples et complexes ; leur perturbation permanente est la conséquence de raisonnements simplistes dignes du milieu du 19ème siècle…

                                      

    Reste que nous sommes en 2023, que des enjeux communs, bien au-delà de la production de la boisson vin, nous imposent de nous rapprocher des mécanismes du vivant. Le vin est donc un excellent propos pour interroger nos pratiques et par-delà nos goûts. La paradoxe le plus attristant est celui des appellations qui détiennent le monopole du lien au terroir et figent dans des normes de plus en plus inappropriées voire inacceptables des pratiques qui vont à l’encontre du lien qu’elles prétendent défendre…

    AOC : C comme que Contrôle-t-on ? AOP : P comme que Protège-t-on ?

    Nous avons introduit ce printemps une demande d’expérimentation auprès de l’AVA, organisme qui détermine et gère les normes de production des vins d’appellations en Alsace. Le projet est celui présenté dans cette vidéo, dont la fin est enregistrée dans une petite forêt existante en zone AOC, à l’occasion de la tournée sur le thème de la vitiforesterie. L’idée simple était d’inverser les temps : plutôt que de détruire une forêt (certes dégradée – la vigne était encore cultivée dans les années 60 dans cette parcelle non mécanisable), la conserver et y planter une vigne, conformément à la plupart des règles AOC en vigueur : cépages, taille, … Le refus a été immédiat, la demande n’a pas même été présentée en Conseil d’Administration. Verdict : la profession se lance dans une grande expérimentation autour des cépages résistants et veut y consacrer la totalité de ses moyens…

    L’idée d’introduire des cépages résistants dans des milieux atrophiés méconnaît des mécanismes pourtant bien repérés aujourd’hui, mais trop peu étudiés in situ : les relations entre génétique, épigénétique et milieu sont ignorées au profit d’un miroir aux alouettes qui permettra sans doute de justifier la nécessité d’irriguer, solution à court terme bien plus rapide, qui autorisera de produire/détruire non seulement comme avant mais de perturber encore davantage les relations entre les vivants, qu’ils soient non humains ou humains.

    Une note finale d’optimisme pour égayer ce constat d’aveuglement : les projets fleurissent, nous accueillons de nombreux étudiants, visiteurs, passionnés de vins, sommeliers, nous soutenons différents vigneron(nes) de pays et régions divers, avec qui nous partageons nos intuitions, nos constats et nos solutions de cohabitation professionnelle, d’équilibres économiques et de sérénité à réinventer sur des temps longs, ceux de la vigne et du vin.